Présenté par Le comité ZIP Saguenay en collaboration avec L'Association des Sauvaginiers Du Saguenay-Lac-Saint-Jean Équipe de réalisation Fabrication des nichoirs: Jean-Yves Gagnon et les étudiants de la Polyvalente Charles Gravel de Chicoutimi Installation et suivi des nichoirs: Jonathan Nadeau, tech. en aménagement de la faune, Julie Gagnon, tech. en aménagement de la faune, Claude Northon, Ross Tamblin, Yvon Drolet Compilation, analyse et rédaction :Jonathan Nadeau, tech. en aménagement de la faune Octobre 1998 Titre: Projet d'implantation et de restauration des canards arboricoles Territoire: La région du Saguenay-Lac-Saint-Jean Organismes: ZIP Saguenay et l'Association des Sauvaginiers du Saguenay-Lac-St-Jean Dans le but de restaurer les populations de canards arboricoles, soient le Garrot à œil d'or (Bucephala clangula), le Canard branchu (Aix sponsa) et le Harle couronné (Lophodytes cucullatus), le comité ZIP Saguenay, en collaboration avec l'Association des Sauvaginiers du Saguenay-Lac-Saint-Jean propose un programme d'installation et de suivi de nichoirs. En effet, la perte et la dégradation de l'habitat dues aux coupes forestières ainsi que l'urbanisation ont contribué à réduire les effectifs de ces espèces. Situation des canards arboricoles Le Garrot à œil d'or Le Garrot à œil d'or paraît particulièrement vulnérable aux perturbations forestières et il semble plus abondant dans les habitats non perturbés par les coupes forestières. Localement, la baisse des effectifs de cette espèce est alarmante. Selon les données disponibles sur la nidification du Garrot à œil d'or au Lac-St-Jean, il semble que cette espèce est pratiquement disparue. En 1977, Fortin (1980) rapporte 15 couvées dans les habitats de la rivière Mistassini et de la rivière Ticouapé. En 1985, Lupien (1987) observe quatre couvées dans les îles flottantes, à Pointes aux pins et à la Pointe-Taillon. En 1986 et 1993, une seule couvée de cette espèce est observée au même endroit, soit dans les îles Hudon. Les effectifs auraient donc baissés de 60% depuis les 20 dernières années. Les inventaires de couples en forêt boréale démontrent également une baisse de 57% des effectifs entre 1990 et 1995. Par contre, le Garrot à œil d'or demeure la troisième espèce en importance avec en moyenne 27% de la fréquence d'observation de tous les canards. De plus, selon le Relevé national des prises (RNP), les prises de Garrot à œil d'or sont passées de 31 783 individus en 1973 à 11 938 individus en 1992, soit une baisse de 62% de la récolte. Pourtant, cette espèce n'est pas statuée comme espèce prioritaire pour des actions de conservation. Selon Palmer, le Garrot accepte facilement des cabanes ou des structures artificielles ressemblant à des souches creuses. L'installation de nichoirs dans quelques sites de nidification du Garrot à œil d'or de la région permettrait d'améliorer la situation de cette espèce. Le Harle couronné La diminution des populations de Harle couronné serait due en partie aux activités forestières et à la diminution de la transparence de l'eau par la pollution. Dans la région du Lac Saint-Jean, cette espèce est considérée comme marginale. En 1985, un seul couple était recensé dans les habitats du Lac-St-Jean et en 1986 et 1993, aucun couple ne fut observé (Lupien, 1996). Cependant, quelques Harles couronnés n'affichant pas un comportement lié à la reproduction ont aussi été notés aux îles Hudon et à la petite rivière Péribonka. En forêt boréale, les inventaires démontrent une augmentation des couples nicheurs. Les Harles représentent également les quatrième canards les plus abondants de la forêt boréale selon les inventaires du SCF (Bordage, 1995). Le Harle couronné accepte volontiers des nichoirs artificiels placés pour le Canard branchu (Bellerose, 1976). Le Canard branchu Après avoir connu une baisse considérable au début du siècle, les populations sont aujourd'hui à un niveau plus élevé, suite aux études sur l'écologie et l'aménagement des habitats du Canard branchu et l'adoption de règlements plus appropriés. Par contre, elles sont limités par la disponibilité et la qualité de l'habitat. Ce dernier serait aujourd'hui en expansion vers des régions plus nordiques, et on le rapporte de plus en plus dans la région du Saguenay-Lac-St-Jean. La première observation d'un Canard branchu dans la région remonte à 1977 alors qu'un mâle fut aperçu sur la rivière Ticouapé (Fortin, 1980). Au Lac Saint-Jean, en 1986, trois couvées et cinq adultes non-reproducteurs sont inventoriés et en 1993, cinq couvées sont observées alors que le nombre d'adultes non-reproducteurs atteignait 35 individus, soit une augmentation de 233% (Lupien, 1996). De plus, selon les observations réalisées par les membres du Club des ornithologues amateurs du Saguenay-Lac-St-Jean, le Canard branchu serait observé de plus en plus régulièrement en saison de reproduction dans les milieux humides de la région (Savard, Michel, 1994). La rareté d'arbres propices à leur reproduction dans les habitats du Lac-St-Jean restreint certainement la nidification. Par contre, ce canard accepte facilement de pondre ses œufs dans des nichoirs artificiels et cette méthode d'aménagement pourrait s'avérer intéressante pour augmenter la production du Canard branchu dans les habitats marécageux du Lac-St-Jean (Lupien, 1996). De plus, le Canard branchu intéresse fort bien naturalistes et chasseurs, ne serait-ce que pour sa grande beauté, et ces derniers aimeraient grandement voir sa population augmenter. Le Canard noir Le programme d'implantation de restauration des canards arboricoles vise indirectement le rétablissement des populations de Canards noirs (Anas rubripes), espèce identifiée en difficulté dans le Plan de gestion nord-américain de la sauvagine (S.C.F., 1986). En effet, l'augmentation de la biodiversité des espèces de sauvagine et l'augmentation des espèces moins fréquentes auront pour conséquence de diminuer la pression de chasse sur le Canard noir dans le secteur boréal. Par ailleurs, le Canard branchu possède une forte capacité de reproduction, compensant la rareté des habitats de reproduction pour cette espèce, tout en fréquentant sensiblement les mêmes habitats que le Canard noir. Il possède un des plus haut taux de fécondité chez les canards nord-américains, ce qui s'explique par la capacité des femelles de couver un nombre élevé d'œufs, soit 12. Théoriquement, une femelle peut donc produire une progéniture de 6 femelles (assumant un ratio sexe de 1:1 chez les jeunes), ce qui par contre ne peut être atteint à cause des nombreuses sources de mortalité chez les femelles en couvaison, les œufs et les jeunes. Le Canard colvert (Anas platyrhynchos) connaît également un haut taux de reproduction, mais connaissant les torts que cette espèce peut causer aux populations de Canard noir, surtout par l'hybridation des deux espèces, l'augmentation des stocks de Canard malard ne s'avère pas une solution adéquate. Les autres espèces Outre les cinq (5) espèces de canards arboricoles (en comptant le Garrot de Barrow et le Grand Bec-scie), d'autres espèces d'oiseaux fréquentent couramment les nichoirs artificiels. C'est le cas de l'hirondelle bicolore, du Tyran huppé et du Troglodyte familier. De même, trois (3) espèces d'oiseaux de proie peuvent utiliser les nichoirs pour affronter la période hivernale ou même pour la nidification. C'est espèces sont la Crécerelle d'Amérique, le Petit-duc maculé et la Petite nyctale. L'installation de nichoirs pour canards arboricoles peut également s'avérer bénéfique pour d'autres espèces animales. Le programme Lors d'un programme antérieur, cinquante (50) nichoirs ont été installé. Un dénommé M. Lessard d'Hébertville aurait également installé trente (30) nichoirs lors de la mise en œuvre du Programme de restauration du Canard branchu dans les habitats humides du Saint-Laurent et ses affluents par la Société d'Aménagement de Baie Lavallière inc. Cent (100) autres cabanes sont déjà installées depuis 1997 pour le Garrot à œil d'or au Camp Myrica. La récupération de ces nichoirs (180) afin de les intégrer à la gestion informatisée des données et pour en assurer le suivi est donc un élément important du projet. Le programme vise également l'installation de cent (100) nouveaux nichoirs qui seront installés à l'intérieur de milieux humides sur des territoires soumis à différents types de gestion. Par exemple, citons les lots intramunicipaux de la M.R.C. du Fjord-du-Saguenay, suite aux inventaires réalisés par l'ASSLSJ, les CAF et les terrains privés, par la mise en place d'un système de parrainage faisant appel à la population locale. En effet, les gens pourront adopter un nichoir à canard et parrainer une couvée dans le milieu qu'ils choisiront, moyennant l'acquisition de certaines données qui seront transmises à l'ASSLSJ. Ainsi, les gens pourront apprécier l'importance de leur geste en tenant compte eux-mêmes de l'évolution des nichées. Pour informer la population du projet, un cahier publicitaire spécial de quatre (4) pages est prévu à l'intérieur du journal Le Quotidien. Les gens seront ainsi renseignés sur les objectifs du programme, la situation et la biologie des canards arboricoles et sur les différents partenaires à la réalisation de ce projet. Donc, les coûts totaux sont estimés à l'équivalent de 217,30$ par nichoirs pour les quatre années consécutives, ou 54,32$/année/nichoir. Outre ces 280 nichoirs, d'autres nichoirs ont été installé par le SCF (111) dans la ZEC Chauvin (Garrot de Barrow) et par le MEF (50) dans la réserve Ashuapmuchuan (Garrot à œil d'or). Ces réseaux de nichoirs font présentement l'objet d'un suivi annuel, mais nous souhaitons intégrer les données recueillies à un système régional de compilation des données sur informatique. À plus long terme, soit une fois que les plans de suivi de ces deux réseaux seront échus, l'ASSLSJ propose d'en acquérir la gestion (entretien et suivi). Ces nichoirs pourront donc être ajoutés aux 280 de l'ASSLSJ et ainsi grossir le réseau régional à 441 nichoirs. Territoire viséLe territoire visé par le projet s'étend à l'ensemble de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les nichoirs qui se retrouvent présentement sur le territoire sont distribués de la façon suivante: - 30 dans le secteur de la municipalité d'Hébertville (M. Lessard); - 50 dans la réserve Ashuapmuchuan (MEF); - 50 dans les habitats du delta de la rivière Mistassinni; - 100 au Camp Myrica (M. Darveau); - 111 à l'intérieur de la ZEC Chauvin (SCF).
La répartition sommaire des 100 nouveaux nichoirs est la suivante: - 20 dans la MRC Maria-Chapdelaine; - 20 dans la MRC Domaine-du-Roy; - 20 dans la MRC Lac-Saint-Jean Est; - 20 dans la MRC du Fjord-du-Saguenay (Nord de la rivière Saguenay) - 20 dans la MRC du Fjord-du-Saguenay (Sud de la rivière Saguenay)
La distribution des nichoirs de façon précise sur les différents milieux humides à l'intérieur des MRC sera effectuée en fonction des observations du COASLSJ, du MEF, du SCF et des inventaires de milieux humides réalisés sur le territoire de la MRC du Fjord-du-Saguenay. MÉTHODOLOGIE Fabrication des nichoirs
Le programme visait la fabrication et l’installation de 100 nouveaux nichoirs. Dans le cadre du projet, les 100 nichoirs ont été construits et l’ASSLSJ a financé la construction de 46 nichoirs supplémentaires, pour un total de 146 nichoirs. La fabrication des nichoirs a été effectuée, à quelques détails près, selon la méthode et les plans retrouvés dans le Guide d’aménagement pour le Canard huppé (Soyez, L.M., R. Parent et S. Desjardins, MLCP. 1988. Section 4, pp. 15 à 20) (Annexe I). Il s’agit de nichoirs verticaux en bois confectionnés avec du contre-plaqué 5/8’’ d’épaisseur. La dimension des nichoirs est d’approximativement 24’’ de hauteur par 9½’’ de côté. Environ la moitié des nichoirs confectionnés ont été recouverts de teinture verte foncée et l’autre moitié de teinture grise pâle. Chacune des deux couleurs permettaient un bon camouflage et un bon contraste avec le trou d’entrée. Matériel de fabrication : - Contre-plaqué 4’ x 8’ x 5/8’’ (shiting à plancher non emboufté) - Grillage métallique ¼’’ - Teinture opaque à patio (hydrofuge à l’huile) verte et grise - Scie circulaire avec lame 9’’ au carbure à 40 dents - Perceuse avec une mèche ronde 3’’ Hole Saw et une mèche ½’’ - Crochets 1 7/8’’ - Visse à patio 2 ½’’ - Clous galvanisés 1’’
Récupération et intégration des nichoirs existants Le projet tel que présenté prévoyait la récupération de 80 nichoirs installés lors de programmes antérieurs (50 dans le delta de la rivière Mistassini et 30 à Hébertville) et de 261 nichoirs faisant présentement l’objet de plusieurs études (50 dans la réserve Ashuapmuchuan par le Ministère de l’Environnement et de la Faune (MEF), 100 au camp Myrica par M. Darveau (Université Laval) et 111 dans la ZEC Chauvin par le Service Canadien de la Faune (SCF)). Ce nombre était quelque peu biaisé dès le départ, puisque seulement 11 nichoirs avaient été installés dans le delta de la rivière Mistassini (Canal du cheval). Malheureusement, seulement 8 nichoirs de ce programme ont pu être retrouvés (voir Tableau III). De plus, M. Lessard d’Hébertville ne possède plus que 6 de ses 30 nichoirs. Les autres nichoirs installés pour des projets d’étude seront récupérés au cours des prochaines années, soit lorsque ces études seront complétées. Des 11 nichoirs du Canal du cheval, seulement 1 nichoir a pu être retrouvé et récupéré. Deux œufs non éclos de Canard branchu et plusieurs écailles d’œuf y ont été retrouvés. Cependant, comme aucun suivi n’a été effectué en 13 ans et la présence d’autres espèces ont rendu impossible l’évaluation de la dernière couvaison. Bien entendu, le nichoir à été nettoyé et remis en état. Les conditions de neige inadéquates ainsi que l’impossibilité de franchir le canal pour des raisons de sécurité, ont rendu impossible la recherche d’une partie des autres nichoirs. 6 des 11 emplacements ont été visité et seul un cône anti-prédateur fût retrouvé aux autres emplacements. Une journée de travail à l’été 1999 est envisagée avec M. Gilles Lupien du MEF-02 et permettra peut-être la récupération des autres nichoirs. Localisation et installation des nouveaux nichoirs Le choix des milieux humides des MRC du Saguenay/Lac Saint-Jean pour la localisation des nichoirs a d’abord été réalisé en fonction des observations du Club des Ornithologues Amateurs du Saguenay-Lac-St-Jean (COASLSJ), du MEF, du SCF et des inventaires de milieux humides réalisés sur les lots intramunicipaux de la MRC du Fjord-du-Saguenay (Leblanc, 1997 et Leblanc & Nadeau, 1998). Les secteurs choisis avaient donc un potentiel de canards arboricoles préalablement connu. Connaissant mieux le secteur saguenéen, nous nous y sommes surtout attardés pour cette première année d’opération. Cependant, l’ASSLSJ oeuvrera prochainement du côté du Lac St-Jean pour la réalisation d’inventaires et accroître ainsi les connaissances sur les milieux humides de ce secteur et permettre la localisation d’étangs potentiels pour l’installation future d’autres nichoirs. En plus de tenir compte avant tout de l'habitat répondant aux besoins du Garrot à œil d'or (milieux humides en forêt boréale) et des autres canards arboricoles, le choix des sites a été également établi selon un certain nombre de critères nous permettant d'atteindre les objectifs du projet et ainsi garantir son succès : - L’accessibilité du site, été comme hiver; - La proximité du site d’une voie carrossable; - Les secteurs à activité humaine restreinte (présente ou future); - Les secteurs disponibles à long terme. L'accès facile aux nichoirs permet un suivi plus rigoureux de la part des bénévoles ou techniciens qui maintiennent la gestion et l'entretien du réseau. L'installation des nichoirs a débuté en mars 1999 et sera complétée pendant la prochaine saison estivale, soit après la période d'élevage des canetons et avant la migration automnale (i.e. entre mi-juin et fin août). Les nichoirs ont été fixés aux arbres avec des clous de 4 ½’’ à double tête, ce qui permet de sortir le clou lors du suivi pour permettre la croissance de l’arbre sans endommager le nichoir. À chacun des nichoirs installés, une fiche d’identification a été remplie conformément au guide de terrain de la SABL (Société d’Aménagement de la Baie Lavallière) Matériel d’installation des nichoirs : - hache; - marteau; - échelle de 10 pieds en deux parties; - clous de 4’’ à double têtes; - crayon feutre permanent; - litière de copeaux de bois; - cartes topographique et/ou photographies aériennes; - fiches d’identification des nichoirs; - raquettes; - traîneau, motoneige et sac pour le transport du matériel.
Le programme de parrainage Afin d’impliquer la communauté régionale au maintien de la ressource faunique ainsi que pour partager les responsabilités d’entretien et de suivi des nichoirs, le PIRCA inclut un programme de parrainage. Un peu comme le programme de parrainage des bélugas qui existe dans le St-Laurent, le citoyen qui en manifeste le désir peut, en échange d’un léger montant, prendre en charge deux nichoirs et effectuer lui-même le suivi, l’entretien et l’acheminement des données recuellies vers l’ASSLSJ. En plus d’être sensibilisé par le maintien de la biodiversité, le parrain peut ainsi tenir compte lui-même de l’évolution d’une population locale de nicheurs arboricoles (Annexe III). Dans la plupart des cas, les nichoirs ont été installés par les parrains eux-même et certains d’entre eux en ont même fabriqué des supplémentaires. Chaque parrain reçoit au moment de son adhésion, deux nichoirs avec structure d’installation, une quantité de copeaux de bois pour la litière, les fiches d’installation et de suivi des nichoirs qu’ils devront remplir et retourner à l’ASSLSJ ainsi que la documentation nécessaire à l’installation, le suivi, l’identification et l’acquisition de connaissances des principaux occupants des nichoirs. Chaque parrain s’engage ainsi pour trois ans et reçoit en retour les résultats compilés sur le réseau de nichoirs, l’information concernant les espèces qui auront occupé leur nichoir, les populations de la région, l’évolution du programme, etc. Suivi des installations Une journée de terrain en compagnie des responsables de la SABL, a d’abord permis une familiarisation concrète avec les méthodes de suivi des nichoirs, parmi un réseau existant depuis plusieurs années. Le plan de suivi du PIRCA implique une visite par année qui devrait s'effectuer dès l'hiver prochain. Le suivi permet surtout de s’assurer du succès du PIRCA. Lors de la visite, il est possible de vérifier si le nichoir est bel et bien utilisé, l’identification de l’occupant, le succès ou l’échec de la nidification s’il y a lieu, la présence d’autres espèces compétitrices ou de prédateurs, la solidité de l’installation et l’évolution du milieu environnant. Pour les parrains qui le désirent, une seconde visite en automne permet d’évaluer un nid plus récent, diminuer la présence d’espèces compétitrices en retirant le fond du nichoir jusqu’à la visite d’hiver et de maintenir un meilleur entretien. Une fiche de relevé est remplie pour chacun des suivis Activités de communication Outre le programme de parrainage, plusieurs activités ont été mises sur pied afin d’éduquer, sensibiliser et faire connaître la portée du PIRCA auprès de la population. Du point de vue médiatique, une conférence de presse, présentée conjointement avec le comité Zip-Saguenay et visant à lancer officiellement le programme, s’est tenue à l’Auberge des 21 de Ville de La Baie le 23 mars 1999. Les techniciens de la faune de l’ASSLSJ, engagés dans le cadre du programme, ont participé également à une entrevue diffusée sur les ondes de TVDL (télé communautaire du Bas-Saguenay) qui consistait à informer sur la nature de leur travail ainsi que la portée du projet d’envergure régionale. Pour atteindre l’objectif d’éducation et de sensibilisation du public, le financement du PIRCA comportait principalement la production d’un cahier thématique portant sur la biodiversité, le PIRCA et la participation des partenaires à la réalisation du programme. Ce cahier de huit pages, financé en partie par l’ASSLSJ, a été distribué dans le journal Le Quotidien, dont le tirage excède les 30 000 copies. De plus, la participation de l’ASSLSJ à la foire annuelle Expo-nature de Chicoutimi, a permi une fois de plus de faire connaître, dans une approche différente, les rouages d’un programme d’entretien et de suivi de nichoirs pour canards arboricoles, puisque le kiosque de l’ASSLSJ portait essentiellement sur ce sujet. Cette activité a favorisé des échanges interactifs entre l’ASSLSJ et un large éventail de citoyens. Finalement, deux conférences ont été données au Cégep de St-Félicien pour les étudiants en aménagement de la faune afin de les sensibiliser sur le travail du technicien, les connaissances scientifiques reliées à l’implantation d’un programme de nichoirs, les côuts engendrés par le PIRCA, les méthodes et l’importance du programme dans la région. Il est envisagé d’ailleurs par l’ASSLSJ et les professeurs du département, de faire participer pour les prochaines années ces étudiants au suivi d’une ligne de nichoirs dans le secteur de la rivière Ticouapé. Ce type d’exercice cadre bien dans l’objectif du programme d’aménagement de la faune et la succession des étudiants d’année en année assurera un bon suivi des nichoirs à long terme. Analyse et gestion des données Les données de la fiche d’installation et de relevé des nichoirs, recueillies conformément au Guide d'aménagement du Canard branchu élaboré par la SABL, sont gérées à l’intérieur d’un fichier de type Excel et seront ultérieurement géo référencées par un programme de géomatique. Toutes ces données seront annuellement transmises aux responsables de la SABL, afin de les annexer à la banque de données provinciale qui est gérée par ces derniers. Ces résultats permettront d’établir au fil des ans, certaines statistiques concernant l’occupation des nichoirs et l’évolution des canards arboricoles du Saguenay/Lac Saint-Jean. Références SOYEZ, L.M., R. PARENT et S. DESJARDINS. 1988. Guide d’aménagement pour le canard huppée. Ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche du Québec, Service de l’aménagement et de l’exploitation de la faune, Montréal, ix + 46 pp. ANGERS R., MESSIER P., PAGE R., SHOONER R., et P. DUPUIS, 1996. Canard branchu, guide de terrain, Société d’aménagement de la Baie Lavallière inc., Sorel, édition S.A.B.L., II, 38p. Suivi des installations Afin de mesurer la performance des aménagements proposés, un programme de suivi et de baguage des oiseaux sur une période de trois ans sera mis sur pied. Le plan de suivi implique une visite par année qui devrait s'effectuer à la fin de l'été et/ou à l'hiver pour les nichoirs moins accessibles. Le but de cette visite est de vérifier l'utilisation printanière et de rendre le nichoir fonctionnel pour la prochaine saison de nidification. Nous avons inclus à l'intérieur de notre projet l'acquisition du logiciel Map-Info. L'utilisation de ce logiciel se justifie par un désir de gérer adéquatement les données recueillies par le programme de nichoir. Ce logiciel permettra la localisation précise des informations acquises par le projet et d'y additionner un nombre grandissant de données qu'accumule l'ASSLSJ, par ses nombreuses interventions régionales. Tout ceci dans un même tenant. Nous sommes conscients de la valeur de ce logiciel mais croyons fermement que ces particularités nous permettrons de maintenir à long terme et de façon efficace le système de suivi du présent projet. Les données recueillies seront conformes au Guide d'aménagement du Canard branchu élaboré par la Société d'Aménagement de la Baie Lavallière inc. Les données pourront donc être transmises annuellement à la SABL. La localisation des nichoirs En plus de tenir compte de l'habitat répondant aux besoins du Garrot à œil d'or (milieux humides en forêt boréal), la localisation des nichoirs sera établie selon un certain nombre de critères nous permettant d'atteindre les objectifs du projet et ainsi garantir son succès. Un de ces critères consiste à assurer l'accessibilité en été comme en hiver des nichoirs installés. Dans la plupart des cas, nous préconiserons un accès terrestre en période estivale. Pour d'autres sites, comme sur les rives du Lac Kénogami, un accès par le lac sera préférable (le lac étant une voie facile pour les motoneiges et les embarcations). L'accès facile aux nichoirs créera l'assurance d'un suivi de la part des bénévoles ou techniciens qui maintiendront la gestion et l'entretien de ce réseau. Donc, l'installation des nichoirs, tout dépendant des secteurs, s'effectuera l'été, soit après la période d'élevage et avant la migration (fin-août, début septembre) ou en hiver, pendant les mois de février et mars. De plus, cette localisation sera basée selon les observations antérieures de partenaires importants au niveau de la sauvagine. À titre d'exemple, citons le bilan des recensements du Club des ornithologues amateurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean, les inventaires aériens ponctuels du MEF ainsi que les récentes données d'Environnement Canada. Toutes ces données recueillies additionnées aux observations de l'ASSLSJ (Inventaire des milieux humides de la MRC-du-Fjord, Leblanc, Nadeau, 1997-98) nous permettrons facilement de cibler les zones occupées par le Garrot à œil d'or et d'y circonscrire nos choix d'emplacement de nichoir. Les objectifs Ce programme s'inscrit dans le cadre du maintient de la biodiversité locale et fait appel à la population. Le projet vise principalement quatre (4) objectifs, soient: - La sensibilisation et l'éducation du public via la mise en place d'un programme de parrainage en collaboration avec la population et la mise en réseau de toutes les lignes de nichoirs (existantes et nouvelles); - l'acquisition de connaissances et de données sur les espèces arboricoles dans la région et la gestion informatisée des données; - le maintient de la biodiversité ainsi que la restauration et l'optimisation de milieux humides et forestiers; - le rétablissement local des populations de Garrot à œil d'or et la diminution de la pression de chasse sur le Canard noir.
La dynamique des populations et l'utilisation de nichoirs artificiels Le taux de survie des femelles adultes est assuré à 50% (Nichols et Johnson, 1990). Le taux de survie minimum des femelles juvéniles qui reviendront dans le même secteur de nidification est estimé à 16%, et le sexe ratio normal est de 1:1. En milieu naturel, si chaque femelle réussissant avec succès la période de nidification produit 10 canetons, c'est donc dire que 0,8 nouvelle femelle retournera nicher l'année suivante (10 x 0,16 x 0,5). Si on adopte un taux de survie des adultes de 50% et un taux de survie conservateur aux jeunes de 40%, 6 des 10 femelles reproductrices auront besoin de réussir avec succès la nidification pour maintenir stable la population. L'utilisation de nichoirs augmente l'efficacité de la nidification, qui peut atteindre 80% dès le première année. La dimension des nichoirs augmente également l'efficacité de l'incubation des œufs et permet la production moyenne de 11 canetons par nichoir. On rapporte que 10 femelles reproductrices réussissant avec succès la nidification vont ajouter de 7 (minimum) à 9 (maximum) femelles à la population. De plus, puisqu'aucune femelle, ou presque, n'est tuée au nid, le taux de survie des femelles adultes augmente de 20 à 70%. L'utilisation de nichoirs artificiels permet donc d'augmenter de 40% la population de femelles par année (Haramis, G.M.). Résultats Suite à la première saison du programme, le réseau de nichoirs se chiffre à 170 nichoirs. De ce nombre, 68 ont été installés par l’ASSLSJ ou le seront au cours de l’été 1999 pour des raisons d’accessibilité, et 94 autres nichoirs sont sous la responsabilité de 40 parrains différents. Le tableau VI présente quelques informations pertinentes sur les nichoirs installés par l’ASSLSJ qui permettront éventuellement d’établir des comparaisons et des analyses sur certaines caractéristiques conditionnelles au succès de nidification propre à chacune des espèces de canards arboricoles. Les femelles effectuant la recherche de cavités potentielles à leur nidification à la fin de l’été, pour la saison de nidification suivante, aucun succès n’est prévu pour le printemps 1999. Les nichoirs installés au cours de l’hiver et de l’été 1999 seront théoriquement repérés à la fin de l’été 1999 et les premiers succès du programme devraient survenir au printemps 2000. Cependant, un suivi sera tout de même effectué à l’hiver 2000 pour confirmer cette hypothèse ainsi que pour nettoyer les nichoirs, si ceux-ci ont été utilisés par d’autres espèces outre des canards, en vue de la prochaine saison de nidification. CONCLUSION Pour cette première année d’opération, le PIRCA a surpassé largement son objectif de départ qui était d’installer 100 nouveaux nichoirs sur la grandeur du Saguenay/Lac Saint-Jean, en passant à plus de 160 à la fin de l’été 1999. Cependant, la récupération des nichoirs prévue pour cette année, à été fortement détournée des prévisions, à raisons 8 nichoirs récupérés au lieu de 82. Plusieurs facteurs, dont l’ancienneté de ces nichoirs dépourvus d’entretien et de suivi, ont été mis en cause. Le réseau de nichoirs totalise donc 170 nichoirs actuellement dans la région. Parmi le nombre de nichoirs prévu par le PIRCA, une grande part a été prise en charge par les personnes inscrites au programme de parrainage de nichoirs. Cette activité, qui fut offerte à la population régionale, a en effet connu une popularité exceptionnelle autant auprès des membres que des non-membres de l’ASSLSJ. La parution du Cahier Spéciale Biodiversité ainsi que la présence du kiosque de l’ASSLSJ à la foire Expo-Nature ont principalement contribué à sensibiliser et intérresser la population en générale à ce projet communautaire. Les activités de promotion ont donc joué un grand rôle dans l’atteinte des objectifs. Le Cahier Spécial Biodiversité fut, entre autres, un franc succès pour faire connaître le PIRCA, ses promoteurs et la dynamique des canards arboricoles dans notre paysage. La promotion auprès des étudiants en aménagement de la faune du Cégep de St-Félicien fut également un excellent moyen de mettre en valeur le programme. Ces derniers seront d’ailleurs impliqués dans le suivi d’une ligne de nichoirs dès l’automne 1999. Pour clore cette première année d’opération, une douzaine de nichoirs restent à installer pour l’été 1999 dans les secteurs de Ferland-Boilleau, Jonquière et Petit-Saguenay (sites mieux accessibles en été). Un suivi sera également fait auprès des parrains pour assurer l’installation et le suivi des nichoirs distribués. De plus, la fabrication de 100 autres nichoirs est envisagée pour poursuivre le parrainage, pour augmenter la quantité de nichoirs dans un milieu advenant un succès de nidification et pour compléter certains secteurs du Lac Saint-Jean. |