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Depuis 1980, le nombre de permis de chasse aux oiseaux migrateurs a subit une diminution de 59 %. Cela est due en partie au manque chronique de relève  pour la pratique de cette chasse.

Devant ce manque d'intérêts de la par des jeunes pour cette activité de prélèvement de la sauvagine, l'Association des Sauvaginiers du Saguenay/Lac St-jean a mis de l'avant un programme  d'initiation à la chasse à la sauvagine afin que les jeunes qui participerons  à ce programme, puissent expérimenter le prélèvement de la sauvagine, et ce  avec tout les atouts qui leur facilitera cette l'apprentissage et ce dans un  contexte sécuritaire avec des accompagnateurs d'expérience. Ce programme  s'adresse au jeunes de 12 à 17 ans.

Le programme d'initiation à la chasse à la sauvagine de l'Association des Sauvaginiers est composé de quatre éléments. Parmi ces éléments il y a celui  de la F.Q.F. le PESCOF, qui est dispensé par des instructeurs membres des Sauvaginiers. La plus part des associations de sauvaginiers en province ont mis  sur pied un programme semblable. Plusieurs autres organismes ont aussi fait de la relève une de leur priorité, dont la Fondation de la faune du Québec, a Fondation Héritage faune et Faune et Parc Québec pour ne mentionner que ceux-là.

Quatre éléments du Programme

1 - Le PESCOF

Les modules du programme PESCOF (Programme d'éducation en sécurité  et en conservation de la faune) mènent à l'obtention du Certificat du chasseur, indispensable pour se procurer les permis nécessaires à la pratique de la chasse.

C.S.M.A.F. Cours canadien de sécurité dans le maniement
des armes à feu. Ce cours permet d'acquérir les connaissances nécessaires au maniement sécuritaire des armes à feu. Il s'adresse à toute personne de 12 ans et plus qui désire obtenir un certificat du chasseur avec arme à feu ou une autorisation d'acquisition d'arme à feu. (Il est toutefois nécessaire d'être âgé d'au moins  18 ans pour se procurer une autorisation d'acquisition d'arme à feu (AAAF).)

I.C.A.F Initiation à la chasse avec arme à feu.  Ce cours s'adresse à ceux qui veulent exercer leur droit de chasser avec
une arme à feu ou une arbalète. Il permet d'acquérir les connaissances de base relatives à la sécurité ainsi qu'aux devoirs et obligations des chasseurs envers la faune, le milieu naturel et les autres citoyens. Il s'adresse à toute personne de 12 ans et plus qui désire obtenir le certificat du chasseur requis pour l'obtention des permis de chasse à l'arme à feu.

(Toutefois, pour obtenir le certificat du chasseur, le candidat doit également avoir suivi avec succès le module CSMAF.)


2 -Tir à l'envol.

Le tir à l'envol est une session de tir aux pigeons d'argile. Cette session de tir permet aux jeunes de se familiariser avec la manipulation d'un fusil, arme utilisé lors de la récolte de gibier. Cette manipulation qui va se faire généralement  lorsque le gibier sera en vol, l'aidera à s'habituer à la lourdeur de l'arme pour  une manipulation plus sécuritaires lors de l'activité de prélèvement.  Sa lui permettra aussi de mieux évaluer les distances et de choisir le bon étranglements et aussi faire un choix judicieux de ses cartouches. Tout ces  éléments lui permettront d'abattre son gibier d'une façon propre et efficace.

3 - Journée de la relève.

Suite aux recommandations du comité sauvagine de la FQF, le Service  canadien de la faune autorise une journée spécifique à la relève pour la chasse à la sauvagine. Cette journée se tient une semaine avant l'ouverture de la saison chasse à la sauvagine normal. Cette journée se tiendra partout où la chasse est autorisée. Comme il s'agit  d'une première expérience, l'encadrement de l'activité sera fait par des parrains. Un adulte possédant un permis de chasse aux oiseaux migrateurs pourra
accompagner un maximum de deux jeunes de 12 à 17 ans dans les sites désignés  par l'Association.
Lors de cette journée, les jeunes pourront bénéficier d'une journée de formation et d'initiation à la chasse avec des chasseurs expérimentés de l'Association des  Sauvaginiers du Saguenay! Lac St-Jean possédant les permis. L'accompagnateur partagera ses con naissances entre autres sur la sécurité entourant le maniement d'arme à feu en activité de prélèvement, sur le placement et le retrait des leurres, la conduite des chiens et la récupéra tion des oiseaux. Notons que l'accompagnateur
adulte n'aura pas le droit de chasse.

4 - Préparation et dégustation de sauvagine.

Tout bon chasseur se doit de traiter le gibier qu'il a récolté avec respect. Parmi ces règles non écrites sur le respect du gibier il y a le vieillissement , le nettoyage et la conservation de la viande.
Il y a également la préparation du gibier, ce qui donnera la vraie valeur à  tout ce que vous aurez fait pour en arriver à ce résultat. Pour ce, l'Association des Sauvaginiers invite les jeunes qui ont participé à tout les autres stages de leur initiations, à venir avec leur parent vers la mi novembre, à une rencontre qui  débute en après-midi. A cette occasion, ils seront initiés à l'éviscération des
pièces de sauvagine récolté ainsi que la façon de l'apprêter c'est là dernière étape.  Le tout sera suivit de la dégustation.

Tout ce décorum permettra peut être à ces jeunes de trouver l'élément  déclencheur qui les amènera à pratiquer cette activité de prélèvement, et de devenir des citoyens responsables et respectueux de leur environnement  dans un contexte de développement durable.


 

 
 
 

Les derniers vrais écologistes


Il y a de moins en moins de chasseurs. Et comme ceux-ci comptent parmi les plus grands protecteurs de l’environnement, c’est la faune qui finira par souffrir de leur disparition.
par Luc Chartrand
On s’inquiète dans les milieux ruraux du dépeuplement des campagnes et de la fermeture des villages. Mais une des conséquences les plus néfastes — et peu notée — de l’urbanisation galopante est certainement le déclin de la chasse.
 

Les enfants nés en ville de parents eux-mêmes nés en ville ne savent plus distinguer une piste de lièvre d’une piste de chevreuil, et ils ont appris par les dessins animés que le chasseur était un être cruel. Il ne faut pas s’étonner de ce que les chasseurs éprouvent un problème de relève. Leur nombre diminue chaque année et l’âge moyen de ceux qui restent augmente inexorablement. Quand les dernières cohortes de chasseurs baby-boomers sortiront du bois et rêveront à leurs anciennes virées appuyés sur leurs déambulateurs, c’en sera fait de la chasse dans un pays où elle fut jadis presque une religion.
Une poignée d’associations de chasseurs tentent de renverser le courant. Depuis cinq ans, leurs bénévoles offrent des cours aux jeunes de 12 à 14 ans, garçons et filles, et les accompagnent ensuite lors d’une véritable chasse. Le gouvernement a même créé pour ces jeunes une journée de la relève, qui leur permet de chasser avant l’ouverture officielle de la saison.
Marcel Bouchard, président du Regroupement des sauvaginiers du lac Saint-Pierre, est un ardent promoteur de ce passage du flambeau. «C’est pour nous un devoir. Sans relève, les chasseurs seront de plus en plus minoritaires et seront marginalisés.»
Mais ce dévouement pour la cause — qui permet d’initier une centaine de jeunes par année — a peu de chances d’inverser la tendance démographique lourde qui condamne les chasseurs à être toujours moins qu’hier, plus que demain.
Qui perdra le plus? Curieusement, c’est la faune. On ne reconnaît pas assez le rôle des chasseurs dans la protection des animaux et de leurs habitats. Ce sont eux qui protègent les ravages de chevreuils, font pression pour qu’on réduise les superficies des coupes forestières, s’opposent au déboisement de terres en vue qu’on y épande du purin de porc ou empêchent le remblaiement des marais. Un organisme, Canards Illimités, dépense au Québec 50 millions de dollars par année pour la protection et la restauration des milieux humides. À la suite des demandes des lobbys de chasseurs, Québec affecte désormais une partie du coût des permis de chasse à la protection des habitats, par l’intermédiaire de la Fondation québécoise de la faune.
Contrairement à la situation en France, où les deux identités s’opposent comme le feu et l’eau, au Québec, l’écologiste et le chasseur sont souvent une seule et même personne. Le mouvement écologiste québécois a même été créé en grande partie par des chasseurs. Les premiers environnementalistes s’appelaient Serge Deyglun ou Tony LeSauteur. D’autres chasseurs invétérés, comme Daniel Green (Société pour vaincre la pollution) ou Louis-Paul Allard (Fondation québécoise en environnement), ont dirigé des groupes écologistes importants. Louis-Gilles Francœur, la voix des écologistes au Devoir, est lui aussi un passionné. «Je suis écologiste parce que je suis chasseur», dit-il.
Le chasseur serait-il le dernier des vrais écolos? On ne connaît vraiment les animaux sauvages qu’en les chassant. Celui qui «appelle» l’orignal ou le canard imite l’animal et, ce faisant, en partage l’identité. Il doit apprendre à penser comme lui car, abstraction faite des rencontres fortuites, on ne peut «frapper» à la chasse que si on a compris le comportement de sa proie. Mieux, la chasse est l’approche pédagogique par excellence pour comprendre l’écologie. La poursuite du gibier, a noté l’écrivain et philosophe Ortega y Gasset, «conduit automatiquement le chasseur à percevoir l’environnement du point de vue de l’animal. Le vent, la lumière, la température, le relief, les minéraux, la végétation, jouant chacun un rôle; ils ne sont pas simplement passifs, comme ils peuvent l’être aux yeux d’un touriste ou d’un botaniste, mais ils fonctionnent et agissent.»
Or, cette acuité particulière du chasseur quant à ce qui fait partie de la nature ne suffit pas à expliquer pourquoi il est si prompt à la défendre. En fait, le chasseur est tout bonnement intéressé: seule une nature saine et intègre peut lui promettre les récoltes abondantes du futur. Dans sa tête, l’équation est simple: si l’habitat disparaît, le gibier disparaîtra aussi.
«On s’implique dans l’environnement par pur égoïsme; on ne s’en cache pas», me dit Marcel Bouchard. C’est de ce genre d’égoïsme que naît souvent le meilleur sens civique.
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Luc Chartrand est journaliste pour l’émission Zone libre, à Radio-Canada.