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Depuis 1980, le nombre de permis de chasse aux oiseaux migrateurs a subit une diminution de 59 %. Cela est due en partie au manque chronique de relève pour la pratique de cette chasse. Devant ce manque d'intérêts de la par des jeunes pour cette activité de prélèvement de la sauvagine, l'Association des Sauvaginiers du Saguenay–Lac Saint-jean a mis de l'avant un programme d'initiation à la chasse à la sauvagine afin que les jeunes qui participerons à ce programme, puissent expérimenter le prélèvement de la sauvagine, et ce avec tout les atouts qui leur facilitera cette l'apprentissage et ce dans un contexte sécuritaire avec des accompagnateurs d'expérience. Ce programme s'adresse au jeunes de 12 à 17 ans. Le programme d'initiation à la chasse à la sauvagine de l'Association des Sauvaginiers est composé de quatre éléments. Parmi ces éléments, il y a celui de la F.Q.F. le PESCOF, qui est dispensé par des instructeurs membres des Sauvaginiers. La plupart des associations de sauvaginiers en province ont mis sur pied un programme semblable. Plusieurs autres organismes ont aussi fait de la relève une de leur priorité, dont la Fondation de la faune du Québec, la Fondation Héritage faune et Faune et Parc Québec pour ne mentionner que ceux-là. Quatre éléments du programme :
Les derniers vrais écologistesIl y a de moins en moins de chasseurs. Et comme ceux-ci comptent parmi les plus grands protecteurs de l’environnement, c’est la faune qui finira par souffrir de leur disparition. «par Luc Chartrand» On s’inquiète dans les milieux ruraux du dépeuplement des campagnes et de la fermeture des villages. Mais une des conséquences les plus néfastes «et peu notée» de l’urbanisation galopante est certainement le déclin de la chasse. Les enfants nés en ville de parents eux-mêmes nés en ville ne savent plus distinguer une piste de lièvre d’une piste de chevreuil, et ils ont appris par les dessins animés que le chasseur était un être cruel. Il ne faut pas s’étonner de ce que les chasseurs éprouvent un problème de relève. Leur nombre diminue chaque année et l’âge moyen de ceux qui restent augmente inexorablement. Quand les dernières cohortes de chasseurs baby-boomers sortiront du bois et rêveront à leurs anciennes virées appuyés sur leurs déambulateurs, c’en sera fait de la chasse dans un pays où elle fut jadis presque une religion. Une poignée d’associations de chasseurs tentent de renverser le courant. Depuis cinq ans, leurs bénévoles offrent des cours aux jeunes de 12 à 14 ans, garçons et filles, et les accompagnent ensuite lors d’une véritable chasse. Le gouvernement a même créé pour ces jeunes une journée de la relève, qui leur permet de chasser avant l’ouverture officielle de la saison. Marcel Bouchard, président du Regroupement des sauvaginiers du lac Saint-Pierre, est un ardent promoteur de ce passage du flambeau. «C’est pour nous un devoir. Sans relève, les chasseurs seront de plus en plus minoritaires et seront marginalisés.» Mais ce dévouement pour la cause — qui permet d’initier une centaine de jeunes par année — a peu de chances d’inverser la tendance démographique lourde qui condamne les chasseurs à être toujours moins qu’hier, plus que demain. Qui perdra le plus? Curieusement, c’est la faune. On ne reconnaît pas assez le rôle des chasseurs dans la protection des animaux et de leurs habitats. Ce sont eux qui protègent les ravages de chevreuils, font pression pour qu’on réduise les superficies des coupes forestières, s’opposent au déboisement de terres en vue qu’on y épande du purin de porc ou empêchent le remblaiement des marais. Un organisme, Canards Illimités, dépense au Québec 50 millions de dollars par année pour la protection et la restauration des milieux humides. À la suite des demandes des lobbys de chasseurs, Québec affecte désormais une partie du coût des permis de chasse à la protection des habitats, par l’intermédiaire de la Fondation québécoise de la faune. Contrairement à la situation en France, où les deux identités s’opposent comme le feu et l’eau, au Québec, l’écologiste et le chasseur sont souvent une seule et même personne. Le mouvement écologiste québécois a même été créé en grande partie par des chasseurs. Les premiers environnementalistes s’appelaient Serge Deyglun ou Tony LeSauteur. D’autres chasseurs invétérés, comme Daniel Green (Société pour vaincre la pollution) ou Louis-Paul Allard (Fondation québécoise en environnement), ont dirigé des groupes écologistes importants. Louis-Gilles Francœur, la voix des écologistes au Devoir, est lui aussi un passionné. «Je suis écologiste parce que je suis chasseur», dit-il. Le chasseur serait-il le dernier des vrais écolos? On ne connaît vraiment les animaux sauvages qu’en les chassant. Celui qui «appelle» l’orignal ou le canard imite l’animal et, ce faisant, en partage l’identité. Il doit apprendre à penser comme lui car, abstraction faite des rencontres fortuites, on ne peut «frapper» à la chasse que si on a compris le comportement de sa proie. Mieux, la chasse est l’approche pédagogique par excellence pour comprendre l’écologie. La poursuite du gibier, a noté l’écrivain et philosophe Ortega y Gasset, «conduit automatiquement le chasseur à percevoir l’environnement du point de vue de l’animal. Le vent, la lumière, la température, le relief, les minéraux, la végétation, jouant chacun un rôle; ils ne sont pas simplement passifs, comme ils peuvent l’être aux yeux d’un touriste ou d’un botaniste, mais ils fonctionnent et agissent.» Or, cette acuité particulière du chasseur quant à ce qui fait partie de la nature ne suffit pas à expliquer pourquoi il est si prompt à la défendre. En fait, le chasseur est tout bonnement intéressé: seule une nature saine et intègre peut lui promettre les récoltes abondantes du futur. Dans sa tête, l’équation est simple: si l’habitat disparaît, le gibier disparaîtra aussi. «On s’implique dans l’environnement par pur égoïsme; on ne s’en cache pas», me dit Marcel Bouchard. C’est de ce genre d’égoïsme que naît souvent le meilleur sens civique. Luc Chartrand est journaliste pour l’émission Zone libre, à Radio-Canada. |